- Opinion d'expert -

- Consultant Senior en Gynécologie Oncologie.

- Président EUROGIN 2015.

- Ancien président de l’Association espagnole 

  de colposcopie et de pathologie cervicale.

DR Javier Cortés Bordoy   

Le but de ce rapport est d’évaluer l’utilité du produit Papilocare®, aux propriétés hydratantes et régénératrices de la muqueuse vaginale, en tant que réépithélisant des microtraumatismes qui peuvent exister sur la muqueuse vaginale afin de limiter l’intégration du virus du papilloma humain (HPV), et prévenir ainsi une infection potentielle.

- PRÉSENCE DU VIRUS DU PAPILLOMA HUMAIN -

Dans l’étude CLEOPATRE [1] il a été observée qu’en Espagne le taux moyen du HPV chez les femmes âgées de 18 à 65 ans était de 14%, avec une courbe stable au niveau de 30% dans le groupe d’âge 18-30 ans, et un déclin rapide à environ 10% de 30 à 35 ans.

 

Par conséquent, on peut dire que, dans le premier tiers de la vie des femmes en Espagne, la présence dans la glaire cervicale du HPV est très fréquente et que pour des raisons de plus en plus connues (type du HPV, immunité de l’hôte, entre autres) il survient un phénomène d’élimination (clairance) de cette présence virale sauf pour un groupe de femmes chez qui cette présence persiste (HPV chronique). Nous considérons cette situation à haut risque pour le développement précoce des lésions précancéreuses du col de l’utérus, qui conduisent à un risque élevé de cancer invasif du col de l’utérus [2].

 

Risque élevé ne signifie pas survenue absolue. Seule une proportion limitée des femmes infectées par le HPV sera finalement - si rien n’est entrepris – amenée á développer des lésions cervicales [3]. Pourquoi? 

- Pathogenèse de l’infection AU HPV -

Au-delà des considérations fondamentales liées à la biologie du processus, nous avons découvert récemment la réponse à cette question. Elle est très simple : il faut garder à l’esprit que la présence du HPV dans la glaire cervicale - ou anale - ne signifie pas rigoureusement être infectée par le HPV.

 

Être infectée représente un pas de plus dans la présence du virus, cela signifie que le HPV a été intégré dans l’épithélium cervical, dont il a colonisé les cellules.

 

Pour cette raison, il existe de plus en plus de preuves de l’utilité des techniques qui permettent de mesurer l’ARNm viral et l’expression de leurs oncogènes E6 et E7, parce que cette expression est un marqueur de l’intégration du virus dans le génome de la cellule et, par conséquent, la première étape dans le processus oncogénique au-delà de la simple présence du virus [4].

 

Le col a une structure histologique très instable, avec la confrontation permanente de deux épithéliums : un tissu épithélial stratifié squameux vaginal et un épithélium endocervical glandulaire de type cylindrique (Figure 1).

 

En dessous de cette lignée cellulaire d’épithélium glandulaire se trouve une autre lignée de cellules, appelées cellules « de réserve», qui conservent la capacité de croître et de se différencier vers des formes matures d’épithélium squameux - majoritairement - ou glandulaire.

 

Ce processus, appelé métaplasie, génère au niveau du col utérin, une zone plus ou moins étendue identifiée comme « zone de transformation » [5] (Figure 1).

 

Ceci est un processus normal chez la femme sexuellement active, d’autant plus si elle utilise une contraception hormonale, un DIU, ou si elle a déjà eu des enfants.

Figure 1: 

Épithélium glandulaire endocervical

Union épidermoïde – colonnaire épithélium métaplasique.

Figure 2: 

L’épithélium métaplasique provenant de la prolifération et de la différenciation des cellules squameuses de réserve est la cible idéale, de par son activité, pour l’ancrage du HPV.

Epithélium glandulaire endocervical

Jonction squamo-cylindrique

Epithelium métaplasique

-TOGENIA DE LA INFECCIÓN POR EL VPH      -

PAPILOCARE®:

STRATÉGIE DE PRÉVENTION POTENTIELLE

Nous avons des preuves concordantes que le gel vaginal Papilocare® améliore très significativement la réépithélisation du col de l’utérus (95% des cas) [7]. Ainsi, ce gel pourrait rendre plus difficile, voire empêcher l’intégration du HPV, en réduisant, la zone de transformation épithéliale - à l’activité cellulaire intense - qui représente la cible parfaite pour l’intégration du HPV. Si le col est bien épithélisé, la possibilité d’ancrage virale par le HPV - potentiellement oncogène - diminue de manière significative, ce qui offrirait une nouvelle stratégie de prévention primaire des lésions HPV-dépendantes, facile à appliquer, et sans effets secondaires notables.

- conclusion -

Compte tenu de ce qui précède et sachant que les investigations doivent être poursuivies, « l’effet barrière » produit par Papilocare® nous permet d’envisager de l’utiliser chez les patientes présentant une altération de l’épithélisation du col pour empêcher l’intégration du HPV et ainsi prévenir l’infection.

REFERENCeS

1. Castellsagué X, Iftner T, Roura E, Vidart JA, Kjaer SK, Bosch FX et al. Prevalence and genotype distribution of human papillomavirus infection of the cervix in Spain: the CLEOPATRE study. J Med Virol. 2012;84:947-56.

2.  Moscicki AB, Schiffman M, Burchell A, Albero G, Giuliano AR, Goodman MT et al. Updating the natural history of human papillomavirus and anogenital cancers. Vaccine. 2012; 30Suppl 5:F24-33.

 

3. Torné A, del Pino M, Cusidó M, Alameda F, Andia D, Castellsagué X et al. Guía de Cribado del Cáncer de Cuello de Útero en España, 2014. Prog Obstet Ginecol 2014; 57(Supl. 1):1-53.

 

4. Reid JL, Wright TC Jr, Stoler MH, Cuzick J, Castle PE, Dockter J. et al. Human Papillomavirus Oncogenic mRNA Testing for Cervical Cancer Screening: Baseline and Longitudinal Results From the CLEAR Study. Am J Clin Pathol. 2015; 144:473-83.

 

5. Curso de Colposcopia de la Asociación Española de Patología Cervical y Colposcopia. Disponible en http://www.aepcc.org/ Acceso: 07/09/15.

 

6. Egawa N, Egawa K, Griffin H and Doorbar J. Human Papillomaviruses: Epithelial Tropisms and the Development of Neoplasia. Viruses. 2015; 7:3863-90.

 

7. Palacios S.: Pilot study to evaluate the effect of a Coriolus versicolor based vaginal gel on the epithelialization of the cervix lesions. Poster. 30th International Papillomavirus Conference. Septiembre 17-21, 2015. Lisboa. Portugal.